Peut-on penser un web écologique ?

À l’heure d’une remise en question sur les conséquences de nos modes de consommations, le web est pointé du doigt pour sa consommation : les serveurs mails et les forfaits illimités en ligne de mire. Mais c’est encore une conséquence que l’on fait porter au consommateur. C’est de sa faute, sa boîte mail est pleine, il est abonné à plein de newsletter, et il ose en plus utiliser sa 4G quand il le peut. Mais est-ce que nous, en amont, nous ne pouvons pas faire quelque chose pour réduire cette empreinte ? Développer des sites écologiques, proposer des infrastructures d’hébergement « green » ? Est-ce que c’est seulement possible ? Et bien oui, c’est parti pour le tour des solutions pour un web écologique !

Tout d’abord, il faut faire un état des lieux de notre consommation. Entre la domotique, les services de streaming, la tendance « on met tout dans le cloud », les hébergement web/mail, l’IOT, bref internet devient de plus en plus omniprésent dans nos vies. Les voitures sont connectées, les frigos peuvent tweeter,… Aujourd’hui on estime que dans les 5 prochaines années, 3,5% des émissions mondiales de carbone viendront d’Internet.

 

carbon calculator web
Mon Portfolio ne consomme pas trop, ouf !

Less is more

On peut commencer par bien développer nos sites. C’est le premier point sur lequel nous, en tant que développeurs, nous avons totalement la main. En suivant les bonnes pratiques combinées de Robert C. Martin dans son livre Coder Proprement et Opquast, on peut déjà arriver à quelque chose de pas trop polluant. Nettoyer et minifier notre code, réduire nos requêtes HTTP, compresser nos images et se lancer dans des optimisations côté serveur avec une bonne mise en cache… Il y a tant de choses à faire, que même nos moteurs de recherche favoris vont finir par vous adorer ! Ce sont autant de techniques pour développer écologiquement, mais aussi pour booster son référencement naturel. On parle là d’éco-conception.

Alors, quand j’ai vu la campagne de Engie #GreenerDigital pour que les utilisateurs réduisent d’eux-mêmes leurs activités numériques… Alors que leur site est ultra polluant, j’ai halluciné. Demander à des consommateurs lambda de moins consommer, mais leur proposer un site internet qui produit 1.70g de CO2 à chaque fois que quelqu’un visite une page de leur site ? Je n’ai pas pu m’empêcher de les mentionner sur Twitter… Et eux de me répondre que si, ils ont bien un site propre ! Mais pas celui que je visais, à savoir le site France de Engie. On peut vérifier toutes ces informations simplement grâce au site Website Carbon !

 

engie pollue
Oups, ils ont oublié de balayer devant leur porte !

Des infrastructures clean

On peut proposer des infrastructures beaucoup plus clean que nos leaders sur le marché. OVH, O2Switch, Cloudflare… Font certes des efforts pour essayer d’avoir de bonnes performances écologiques, mais aucun ne répond aux certifications les plus importantes pour l’Europe : ISO 14001 et 50001 (gestion de l’énergie). Pour certains, seule la Directive RoHS apparait (pour le retraitement des équipements électriques et électroniques). Par exemple, PlanetHoster, Ionos, Infomaniak et Ex2 répondent à ces certifications. Aux États-Unis, la seule certification valide est le Green Power Partnership, ce qui est d’autant plus intéressant car les entreprises comme AWS utilisent en majorité du charbon ! Et quand on voit que nos hébergeurs locaux répètent depuis 20 ans qu’ils font des efforts sans qu’on puisse en voir des résultats flagrants alors que des hébergeurs plus jeunes arrivent sur le marché avec une démarche écologique, il n’y a plus tellement de questions à se poser sur la volonté d’avancer plus vite.

Envoyer des mails verts

Envoyer des mails qui ne polluent pas trop à une époque comme la notre, c’est compliqué. Entre toutes les pièces jointes, les discussions inutiles par mail qui peuvent se tenir à l’oral (une spécialité dans le monde du travail), les newsletter, nos boîtes jamais vidées, les signatures pro trop chargées… On a du soucis à se faire. Mais avant de blâmer notre mode de consommation, choisissons déjà des messageries écologiques ! Pour un administrateur système, le plus simple reste de prendre un serveur vert et d’y installer une solution de messagerie clean, qui ne tourne pas trop à l’usine à gaz. Pour les utilisateurs classiques, on zappe Gmail. Tout le système de Google se cache derrière la promesse que l’intégralité de l’énergie nécessaire pour faire tourner tous leurs services serait compensée par des projets écologiques. Ça ne dit absolument pas que Gmail est écolo, juste qu’ils polluent d’un côté et essayent de faire des trucs clean de l’autre (et souvenez-vous qu’aux USA, ils utilisent encore du charbon). C’est comme si je brûlais ma maison et que m’en achetais une autre le lendemain. Ça ne fait aucun sens, mais ça rassure de dire qu’on fait quelque chose pour l’écologie. Mais on peut aussi passer à Tutanota, la messagerie allemande Open Source, éthique, sécurisée et écologique. Lilo Mail, une messagerie française écologique et respectueuse des données personnelles. Ou encore Newmanity, une messagerie française neutre en carbone, et qui plante des arbres au Sénégal. En bref, il existe des alternatives pour tous les goûts !

Utiliser des moteurs de recherche écologiques

Je sais que cette partie-là n’est pas facile. Tous les moteurs de recherche ne sont pas aussi performants que Google, mais on peut essayer tout de même avec Ecosia, qui a un bilan carbone négatif et qui plante des arbres à chaque recherche. Ecogine propose aussi une alternative, mais moins clean. Ils utilisent Infomaniak pour l’hébergement et ont le même système de compensation que Google. Lilo, malgré son vert et sa planète dans son logo n’est pas clean. On peut soutenir des projets écologiques via Lilo, mais son côté « écologique » s’arrête là. Bref, de ce côté-ci il n’existe pas beaucoup d’alternatives, et Ecosia reste le seul à proposer une solution écologique de bout en bout.

TL;DR

Il est possible de réfléchir à sa consommation, des alternatives existent. Mais il existe aussi des solutions à mettre en place dès que nous commençons à développer un site internet. Dans notre façon de développer, et en choisissant un bon hébergeur vert, nous sommes déjà sur la bonne voie. Et on arrête de taper sur les doigts de nos consommateurs tant qu’on est pas clean de son côté ! 😉

 

Libriste. Développeuse multifonctions. Community Manager à mes heures perdues. 3D Maker. Nourri 2 blogs et 3 chats.
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